Les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) : Piliers de la sécurité alimentaire

Temps de lecture : 9 min


Dans un contexte où la sécurité alimentaire est devenue un enjeu majeur pour les consommateurs et les autorités sanitaires, la maîtrise des Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) représente un défi crucial pour tous les professionnels de l’industrie alimentaire.

Que vous soyez responsable d’un restaurant, d’une cuisine centrale, d’un laboratoire ou d’une unité de production, l’application rigoureuse de ces pratiques conditionne non seulement la qualité de vos produits, mais aussi la pérennité de votre activité.

L’objectif est de faire progresser les denrées alimentaires, le petit matériel et les consommables de manière unidirectionnelle, depuis leur réception jusqu’à leur expédition ou service, sans jamais revenir en arrière.

Cette approche permet d’éviter les contaminations croisées qui représentent l’une des principales causes d’intoxications alimentaires.

La marche en avant peut s’appliquer selon plusieurs modalités : dans l’espace (séparation physique des zones) ou dans le temps (alternance des activités).

Chaque établissement doit adapter cette approche en fonction de ses contraintes architecturales et de son volume d’activité.

Les zones de stockage, de préparation, de cuisson et de conditionnement doivent être pensées selon cette logique de flux.

Une attention particulière doit être portée aux points critiques où les risques de contamination sont les plus élevés.

La gestion des températures représente un enjeu central dans la préservation de la qualité microbiologique des aliments. Les micro-organismes pathogènes se développent rapidement dans certaines plages de température, d’où l’importance d’une surveillance constante.

Les denrées périssables nécessitent des conditions de stockage spécifiques selon leur nature. Les produits frais, surgelés et les préparations chaudes ont chacun leurs exigences particulières qu’il convient de respecter scrupuleusement. Des températures cibles sont partagées dans les Guides de Bonnes Pratiques rédigés par vos professions.

L’organisation des espaces de stockage doit permettre une rotation optimale des stocks selon le principe « premier entré, premier sorti » tout en maintenant les conditions thermiques requises. Les équipements frigorifiques doivent faire l’objet d’un entretien régulier et d’un contrôle quotidien des températures.

Lors des phases de préparation et de transformation, les denrées alimentaires ne doivent pas séjourner dans des zones de température dangereuses. La rapidité d’exécution et l’utilisation d’équipements adaptés sont essentielles pour limiter les risques.

Les préparations froides, selon votre statut, doivent être réalisées dans des environnements climatisés, tandis que les cuissons doivent atteindre des températures suffisantes pour détruire les micro-organismes pathogènes.

Les phases de refroidissement rapide et de remise en température des plats cuisinés constituent deux moments particulièrement critiques qui nécessitent une attention renforcée dans les pratiques (couple temps/température) et la traçabilité.

Le moment du service représente souvent le dernier maillon faible de la chaîne thermique. Les préparations chaudes doivent être maintenues à une température suffisante, tandis que les produits froids ne doivent pas subir de rupture de la chaîne du froid; les deux pratiques étant encadrées par la loi dans une obligation de résultat.

Les équipements de maintien en température, qu’ils soient chauds ou froids, doivent être calibrés et contrôlés régulièrement. La durée d’exposition des aliments doit être limitée et fait l’objet d’une surveillance particulière.

La maîtrise des produits alimentaires passe par une approche globale intégrant protection, identification et suivi des dates limites.

Les denrées alimentaires doivent être protégées de toute contamination externe durant leur stockage, leur manipulation et leur transport. Cette protection s’appuie sur l’utilisation d’emballages appropriés, de contenants alimentaires et de systèmes de fermeture efficaces.

L’environnement de travail doit être conçu pour minimiser les risques de contamination par des corps étrangers, des nuisibles ou des substances chimiques. Les surfaces de contact avec les aliments nécessitent un nettoyage et une désinfection adaptés. Elles doivent de facto être certifiées à contact alimentaire.

Chaque produit doit pouvoir être identifié précisément à tout moment. Cette identification comprend selon le type de denrée alimentaire :

  • la nature du produit,
  • son numéro de lot,
  • sa provenance,
  • sa date d’ouverture, fabrication, congélation, décongélation,
  • sa DLC / DDM / DLC interne,
  • les initiales de la personne réalisant l’action,
  • ainsi que ses conditions de conservation.

Un système d’étiquetage clair et normalisé facilite la gestion quotidienne et permet une traçabilité efficace.

L’organisation des espaces de stockage doit permettre une identification visuelle rapide et éviter toute confusion entre les produits. Les codes couleur, les pictogrammes et les systèmes de classement contribuent à cette efficacité opérationnelle ; chaque professionnel étant encouragé à trouver l’organisation la plus efficace et effective au sein de son établissement.

La gestion des dates limites constitue un aspect réglementaire incontournable. La Date Limite de Consommation (DLC) et la Date de Durabilité Minimale (DDM) répondent à des logiques différentes mais complémentaires dans la protection du consommateur.

Pour rappel, la DLC (Date Limite de Consommation) est fixée par le fabricant pour les denrées périssables afin de garantir une consommation sans danger pour la santé.


La DDM (Date de Durabilité Minimale), elle, concerne les produits non périssables et indique jusqu’à quand le produit conserve ses qualités nutritionnelles et gustatives optimales.

Au-delà de ces obligations réglementaires, l’établissement de DLC internes pour les préparations maison permet d’optimiser la gestion des stocks et de garantir une qualité constante.

Ces dates internes doivent être déterminées en fonction des conditions réelles de production et de conservation.

La rotation des stocks selon ces différentes dates limite le gaspillage et assure une fraîcheur optimale des produits servis.

Des procédures claires doivent définir les actions à entreprendre en cas de dépassement de ces dates.


L’application de ces Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) ne peut être efficace que dans le cadre d’une approche globale intégrant la formation du personnel, la maintenance des équipements et l’amélioration continue des procédures ; sujets que nous aborderons dans nos prochains articles.

Il est également important de noter que la mise en place d’un système de surveillance et de contrôle permet de détecter rapidement les écarts et d’apporter les corrections nécessaires. Cette démarche proactive contribue à construire une culture de la sécurité alimentaire au sein de l’établissement.

Chaque contexte professionnel présente ses spécificités et nécessite une adaptation de ces différentes bonnes pratiques aux contraintes opérationnelles. La maîtrise des Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) représente un investissement dans la qualité et la sécurité qui se traduit par une meilleure satisfaction client et une réduction des risques sanitaires et économiques.

Restaurateurs et artisans, prêts à revoir ensembles vos Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) ?

Les dimensions de la traçabilité : amont, aval, achat, transformation et stockage, remise au consommateur - Avant-Garde conseil
Les dimensions de la traçabilité : amont, aval, achat, transformation et stockage, remise au consommateur - Avant-Garde conseil
Les dimensions de la traçabilité : amont, aval, achat, transformation et stockage, remise au consommateur - Avant-Garde conseil
Les dimensions de la traçabilité : amont, aval, achat, transformation et stockage, remise au consommateur - Avant-Garde conseil

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Un besoin ? Discutons autour d’un café

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Pour ne pas louper un article, suivez nous sur LinkedIn

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Hôtellerie, Labels & RSE

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Restauration, Artisanat & Service

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Vin & Tourisme

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Découvrez notre actualité sur Instagram

Artisans des métiers de bouche - l'expertise d'Avant-Garde conseil au service des artisans passionnés

Restons connectés sur Facebook